— Et quand je dis que je vais à Strasbourg, poursuit-elle, c’est encore inexact, car je vais y prendre le train pour Paris…
— Ah ! fit le petit gars désappointé car il espérait rester seul avec la poule après m’avoir éjecté…
Il ajoute, parce que chez lui, la babillarde est une seconde nature.
— Vous allez voir du monde, à Paris ?
— Non, dit-elle, chercher du travail. J’ai obtenu un passeport et un visa d’entrée… Je connais le français et l’anglais, je suis dactylographe, avec ça, je dois, paraît-il, pouvoir m’arranger ?
Il rigole, le titi.
— Oui, dit-il, avec ça, et votre armature, vous êtes sûre de réussir à Pantruche.
Jusqu’ici, je n’ai rien dit. J’auscultais un peu la passagère. Mon jugement est favorable. Il a toujours tendance à l’être lorsqu’il s’agit d’une belle gosseline.
— Je vais aussi à Paris, dis-je, si cela ne vous déplaît pas, nous pourrons faire la route ensemble, en bavardant, le temps passe plus vite. Et puis, qui sait, mes conseils pourront peut-être vous être de quelque utilité ?…
— Mais je suis ravie au contraire, minaude la greluse.