— Mais c’est San-Antonio ! fait-il enfin.
— En chair, en os, mais moins en graisse que toi ! je réponds.
Il se rembrunit. Tous les gros se rembrunissent lorsqu’on les charrie.
— Appuie un peu sur ta valve, je dis… Je voudrais voir comment ça se passe quand tu dégonfles ta baudruche !
— Monsieur est toujours aussi futé, ronchonne Ribot. Monsieur a toujours son almanach Vermot dans sa poche revolver…
— Juste ! je réponds… Ça tue le temps… On tue assez de braves gens pour s’offrir ce petit supplément…
J’en fais le tour après avoir serré les cinq saucisses de Savoie plantées dans un camembert trop fait composant sa dextre.
— Alors, quoi de neuf ? demande-t-il.
— J’ai soif…
— Allons au troquet du coin. J’ai ma bouteille de pastis personnelle.