— Comment ça s’est passé ?
— Il était, paraît-il, dans un petit meublé depuis quelque temps. Et il s’est suicidé…
— Une femme ?
Il hausse les épaules pour signifier qu’il n’en sait rien, mais que ça ne l’étonnerait pas le moins du monde.
— Pourquoi n’a-t-on pas prévenu la famille ? je m’exclame.
— Ah ! ça… Voyez la police…
Je le remercie, j’écrase une larme imaginaire au coin de mon œil et je mets les voiles en lui disant que je vais prendre mes dispositions pour faire enlever le corps de mon malheureux parent auquel j’entends donner une sépulture décente.
En quittant la morgue, je passe à la Sûreté. Je demande Ribot, le divisionnaire ; un vieux pote à mézigue avec qui j’ai fait la java lorsque j’usais des fonds de slips dans les claques de Paris… Il est devenu gras comme un pain de saindoux et ses yeux se diluent derrière ses pommettes bouffies comme des comprimés de saccharine dans un bol d’eau chaude.
— Salut, l’obèse ! je fais…
Il fronce les sourcils, ce qui escamote tout à fait ses châsses…