Il en a aussitôt honte comme d’une incongruité et repart dans sa torpeur.
— Une drôle de nouvelle, Bunks, qui vous touche indirectement : vos obsèques auront lieu demain !
Il sourit.
— Ne vous méprenez pas. Nous ne voulons pas vous tuer, du moins pas si vite. Mais comme nous vous avons soustrait au monde, nous désirions que les choses soient en règle. Maintenant, elles le sont… Vous avez été découvert le visage fracassé, dans la propriété de votre père… Il s’agit, aux dires des autorités, d’une vengeance d’éléments nazis… Lorsqu’on fait montre de sentiments aussi francophiles que les Bunks, ce sont des choses auxquelles il faut s’attendre. Soit dit en passant, votre famille supporte très bien le choc…
Je comprends sans avoir besoin qu’il me fasse un dessin que ça n’est pas aujourd’hui encore qu’il se décidera à parler. Je crois de bonne politique de ne pas même essayer de lui poser des questions. Les humains, ce sont des mulets pensants ; plus vous essayez de vaincre leur entêtement, plus ils se butent.
J’allume une gitane.
— Je m’excuse de prélever sur votre faible attribution d’oxygène, je murmure…
Je lui tends mon paquet. Très naturellement, il puise dedans.
— Merci, fait-il.
C’est le premier mot qu’il prononce aujourd’hui. Je consulte ma montre.