— Bien sûr, je fais… Et puis quoi, vous ne vous rasez jamais que deux fois par jour…
Elle est asphyxiée, mais prend le parti de rire.
— Comme vous êtes farceur, tout de même…
Elle ne me pose pas de questions sur mon petit manège de la serrure. Peut-être se dit-elle que je suis un maniaque…
Elle m’emmène dans sa salle de bains personnelle. Elle est vachement outillée pour le barbichage, la daronne. Son rasoir est électrique. Je m’en flanque un coup ; les résultats ne sont pas merveilleux, car je n’ai pas l’habitude de ces sortes de mécaniques mais, après tout, je n’ai pas l’ambition — ce soir surtout — de jouer les Brummell…
Je me rafraîchis le museau, me lave les pognes, rajuste mon nœud de cravate et, après avoir vidé la moitié d’un flacon d’eau de Cologne sur mon dôme, je reviens à la petite Rachel. Elle a retiré la targette. Elle s’habille paisiblement.
Comme j’entre, elle me décoche un radieux sourire.
— Changement à vue, je dis, qu’est-ce que tu penses du bonhomme lorsqu’il est savonné ?
— Magnifique, murmure-t-elle… Oh ! mon chéri…
Je m’assieds dans un fauteuil.