Pourtant, il ne flanche pas. Je crois que vraiment il ne le sait pas…

— Comment peux-tu ignorer ça ? dis-je sur le mode incrédule. Tu devais bien le revoir, Almayer, puisqu’il continuait de draguer dans Pigalle ?

— Oui, mais il ne faisait rien… Je lui demandais des tuyaux, il avait rien à bonir. Paraît que c’était la vie de château avec l’autre, le Stumer. Ils faisaient la java dans les clandés et se cognaient le tronc comme des papes… Il en revenait pas.

« Et puis, un jour, ils sont partis en balade, tous les deux. On n’a plus revu Fred… Stumer a enlevé sa frangine et plus personne ! Paraît, ont dit les baveux, que ce pauvre Fred s’est fait repasser dans le Rhône, lui qu’avait horreur de la flotte !

Cette fois, il a tout craché, Veitzer. Il se sent guilleret.

— Dis-moi, mon bonhomme, c’était quoi, sa spécialité, à Almayer…

Lui qui se croyait quitte, le v’là qui repique une rogne rentrée. Des séances pareilles, ça l’affaiblit, ce gentleman.

Faut remettre deux sous pour qu’il continue sa romance ; histoire d’encourager l’amateur.

— Comprends une chose, si t’as pour vingt-cinq centimes de cervelle, dis-je aimablement : je suis sur tes os en ce moment parce que ça ne tourne pas rond quelque part. Si les choses se gâtent sérieusement et qu’on n’ait pas autre chose à se foutre sous les chailles, on ramassera les miettes : toi, par exemple, et on veillera à ce qu’elles fassent de l’effet pour cacher la merde au chat, tu dois saisir ça sans avoir ton bachot, non ?

« Conclusion : t’as intérêt à ce qu’on t’ait un peu à la chouette.