J’appuie sur le bouton commandant la porte.

Il y a encore du feu chez la concierge…

Je frappe au carreau. La vieille ne répond pas. Je tourne le loquet de sa porte et j’entre dans sa loge où flotte cette odeur caractéristique lourde, mais pas désagréable, dans le fond, des repaires de portières.

Une pièce unique !

Elle est divisée en deux parties. L’avant constitue la cuisine ; l’arrière, la chambre. Il y a un lit ancien couronné d’un opulent édredon rouge qui fait un peu auberge de Peyrebeille. La vioque n’est pas là. Peut-être qu’elle s’est propulsée chez un locataire de l’immeuble pour l’affranchir sur ma visite tardive ?

J’entends tout à coup le bruit de la porte de l’entrée qui se referme avec un bruit sourd.

J’y cours… Je l’ouvre… Dans la rue, une bagnole démarre : une 203.

Quelqu’un qui sortait. Quoi d’étonnant ?

Je reviens à la loge, fermement décidé à attendre la concierge jusqu’au jugement dernier si c’est nécessaire.

Je m’installe sur une chaise et je commence à fumer pour tromper le temps. Mais on trompe moins facilement le temps que sa femme et je me fais sérieusement tartir. Alors, je me lève et je vais à une commode proche du lit. Des tiroirs ! Il n’y a rien qui excite davantage un policier, ça et la frime d’un truand.