Laissons les morts dans leur tiroir à viande froide pour l’instant et revenons aux vivants : Veitzer, (je lui ai parlé), le barman (je lui ai parlé), les tueurs (je leur ai tiré dessus) la rouquine (on m’a parlé d’elle), Mollard (Pinaud s’en occupe).

Les tueurs, la rouquine et Mollard constituent en somme les X de l’affaire. Mes collègues font le nécessaire pour les premiers et pour le dernier, mais la rouquine n’existe pas officiellement. C’est une image coincée entre deux noms dans mon citron… Qu’est-ce que j’attends pour la rechercher, cette pépée ?

Je vous parie un turboréacteur contre une partie de touche-pipe-line qu’elle est chiche de rancarder un brave flic, le cas échéant. Seulement, pour que ce cas-là échoive, il ne faut pas rester les deux tiges dans la même targette…

Arrivé à la boîte je demande si un message en provenance de Lyon est arrivé pour moi. On me répond par la négative. Alors j’abandonne mon tréteau in the street et je prends un bahut qui rôdaille dans le secteur Madeleine.

— C’est pour ?… s’inquiète le chauffeur.

— Pigalle, mon grand, vous savez le coin où il y a un petit jet d’eau et une station de métro entourée de bistrots ?…

Il met en première après avoir baissé pavillon.

* * *

Of course, comme dirait un Anglais — sans l’écrire en italique because it is sa maternelle tongue —, le Cerf-Volant est lourdé à ces heures.

L’aube, c’est le crépuscule des noctambules. C’est le moment où les mecs font une dernière fleur à leur gerce après avoir tiré les rideaux, l’heure où les directeurs de boîtes déposent leur râtelier dans un verre d’eau et où les vieilles tapineuses se collent de la drogue dans le nez…