Je m’installe au bureau. J’ouvre mon tiroir dans lequel j’avais glissé le dossier de l’affaire.
Je suis à un tournant, maintenant il faut que j’attende une indication extérieure… C’est elle qui me dira de quel côté m’orienter. Pour l’instant je traverse une sorte de no man’s land. Le mieux c’est de faire une brève retraite et d’attendre…
J’ai bien fait d’expédier Pinaud à Lyon. Il peut m’être précieux, déjà sa piste des Indochinois est intéressante ; jusque-là, ça manquait de jaune mon histoire d’espionnage.
Je décroche pour appeler le boss.
— Du nouveau ? me demande-t-il…
— C’est la question que j’allais vous poser, patron… Où en sommes-nous de ma Pernette ?
— Point mort… Le service des garnis a retrouvé la trace de Stumer dans différents hôtels. Dans quelques-uns le personnel se souvient vaguement avoir vu une fille rousse en sa compagnie. Pourtant, jamais celle-ci ne s’est inscrite dans l’un de ces hôtels…
— Tant pis ! je murmure, déçu.
— Et vous ? insiste-t-il.
— Une nouvelle agression contre ma précieuse personne. Un automobiliste facétieux s’est amusé à me lancer une grenade amorcée sur les genoux… J’ai joué à la balle avec et tout est rentré dans l’ordre. Mais on m’en veut, et le plus extraordinaire, c’est que j’ignore pourquoi.