— Je vais demander, dit-elle.

Et la voilà partie dans les profondeurs de la strass.

Je fais un pas en avant, ce qui m’amène dans l’antichambre. L’appartement est cossu, bien entretenu. Il y flotte un agréable parfum de femme. Un parfum qui chante Paris.

Des roses pourpres embaument le lieu. Tout est clair et joyeux. On sent la main d’une femme et d’une femme qui ne doit pas être une rombière, croyez-moi, car c’est arrangé avec le meilleur goût !

Je perçois nettement un murmure de conversation en provenance de la salle à manger, dont les portes vitrées s’ouvrent au fond du hall. Puis la soubrette revient, la croupe aussi ondulante qu’un vilebrequin.

— Madame demande à quel sujet c’est, dit-elle.

— C’est privé ! rétorqué-je posément, en tempérant la sécheresse de mes paroles par un sourire qui ferait divorcer une fois de plus Rita Hayworth.

Nouveau départ de la gonzesse. Cette fois, elle me fait un numéro de tortillage de prose qui me laisse rêveur.

Nouveaux chuchotements dans la salle à manger.

Enfin, le bruit d’une chaise remuée. Je vous parie la main de ma sœur contre la culotte d’un zouave que la générale va venir se rancarder soi-même.