— Parce qu’ils n’avaient pas le document…
Et ce jeu des questions et des réponses se poursuit.
Je m’éveille chaque fois en sueur… J’éclaire, le fantôme disparaît. Je constate avec une joie sauvage que je ne suis pas enfermé dans le four, mais que je repose peinard dans ma chambre…
Je vais jusqu’à ma fenêtre grande ouverte afin de respirer le bon air de la nuit… Les œillets de mes massifs sentent fort, ils embaument tout le quartier…
Alors je reviens à mon lit… Je conserve la lumière éclairée et je me rendors. Mais la clarté renfonce mon cauchemar… À travers mon sommeil je la sens sur mon visage et je finis par croire qu’il s’agit de la terrible flamme de mazout…
Le toubib dit que j’en aurai pour un moment encore…
J’ai eu un choc. Il faut que j’aille me mettre au vert quelque temps, ça passera tout seul.
Seulement je ne pourrai jamais partir d’ici tant que je ne saurai pas ce que sont devenus les fameux documents.
Depuis trois jours tous les services disponibles ont mis des gars au tapin avec la photo de Stumer en poche. Ces mecs visitent les banques, les bureaux de poste, les consignes de gare et tous les endroits où le Suisse aurait pu laisser un dépôt.
Seulement je ne crois pas qu’on obtienne un résultat satisfaisant de ce côté-ci. Il n’était pas bouché, Stumer… Les documents, dans sa situation, il fallait qu’il les ait à portée de la paluche.