Alors je réfléchis, les bras repliés derrière la tête… Je réfléchis à en avoir mal au cœur. Ça n’est que par la pensée qu’on peut dénouer ce mystère. Que par une réflexion chauffée à blanc !

Et les nuits s’écoulent, tourmentées… Je me gave d’aspirine. Félicie trouve que je décolle… Je vais vous faire une confidence, surtout vous marrez pas ou sinon je vous tire un ramponneau : elle me fait prendre de la Quintonine, oui madame !

* * *

Et un matin, j’ouvre les châsses comme si c’était pour la première fois. Je regarde mon volet à demi ouvert se profiler sur le ciel bleu. Le soleil en fait un rectangle d’or qui se découpe sur les nues. L’air est léger, capiteux.

Je bâille et je descends en bas. Félicie grille des toasts et me prépare un Banania. Moi, je décroche le biniou…

J’appelle la morgue, je me fais connaître, je demande s’ils ont toujours les fringues d’Édith Almayer dans leurs archives.

Ils me répondent que oui. Je leur dis alors de me les faire apporter d’urgence.

Félicie qui a tout entendu me regarde :

— Qu’est-ce qui se passe, mon grand ?

Elle est au courant de mon tourment.