Je palpe les fringues, je décloue les tapisseries de fauteuil, j’éventre les matelas.
Zéro sur la question des documents. De toute évidence, Stumer a pris ses précautions. Il a carré ceux-ci dans un endroit sûr, car il a tout prévu, le bougre.
Je reviens à la salle à manger, où le couple flotte toujours dans une bienheureuse inconscience.
Et alors, je me dis qu’il faut cogner un grand coup.
L’heure n’est plus à la rigolade. Lorsque Stumer reprendra connaissance, il comprendra que sa campagne a été l’objet d’une sérieuse razzia.
Tant qu’à faire, autant y aller à fond.
Je ramasse la môme par les aisselles, je la charge sur mon épaule et je la porte jusqu’à ma bagnole.
Lorsqu’elle est allongée sur le coussin de derrière, je reviens au bonhomme. Je tire mon carnet de notes, j’arrache un feuillet blanc et j’écris :
Stumer , Si tu veux revoir ta souris sur ses deux pattes, ne joue pas au con et attends le coup de téléphone . Un ami qui te veut du bien
Ça n’est pas génial, mais ça doit suffire à intriguer un zig dont l’existence n’est pas particulièrement de tout repos. Il va se demander si c’est un coup de la police ou d’une autre bande. Dans l’expectative, il attendra. Il n’osera rien entreprendre. Pour peu qu’il tienne à son brancard, je vais peut-être arranger mon kidnapping aux petits oignons.