Je me trisse après lui avoir collé mon mot dans la paluche. Comme il n’est pas con, il va faire son enquête. Il comprendra que le garçon épicier est suspect. Il demandera des explications à mon « employeur » d’un jour.

Je passe chez ce dernier.

— Écoutez, papa. Stumer va rappliquer dans un moment. Il va vous poser mille questions à mon sujet ; si vous avez le malheur de lui dire que je suis de la Grande Taule, je me fâche, et quand je me fâche ça fait un tel baroud que mes victimes regrettent d’avoir été mises au monde, compris ?

« Dites-lui que je me suis présenté chez vous de la part d’un bureau de placement et que j’ai disparu, compris ?

— Compris.

— Parfait !

Je décarre.

Maintenant, il me reste un drôle de turbin à faire : planquer ma proie.

C’est vachement délicat. Le colis le plus encombrant qui soit, c’est encore un humain. D’abord, ça tient de la gâche, c’est lourd à coltiner, et puis ça ne peut pas se fourrer n’importe où.

Je me titille la matière grise tout en regagnant Paris.