— Bon ! On l’installe ici…

Je monte la donzelle au premier. Il y a une chambrette tapissée en bleu pervenche qui donne sur l’arrière de la maison. Un lit de cuivre, vachement astiqué, une commode ancienne, un fauteuil, c’est tout.

Je la colle sur le pageot. Puis, je ferme les volets de fer et je passe une chaînette à travers les fentes de ceux-ci. Je boucle la chaînette au moyen d’un cadenas. Je ferme la fenêtre.

Ensuite, je prends une vieille paire de menottes, j’emprisonne la cheville gauche de la fille et je fixe l’autre boucle au montant du lit. De cette façon, elle ne peut pas faire grand-chose pour se libérer… Si elle gueule, je lui collerai du sparadrap sur le museau : mais il n’en est pas question pour l’instant.

— Bon ! fais-je à Félicie. Maintenant, laisse-nous, M’man. Je prendrai la clé de la chambre et officiellement tu n’es au courant de rien, d’accord ?

— Comme tu voudras…

— C’est moi qui m’occuperai de cette pensionnaire…

— Elle va rester longtemps ici ?

— Ça dépend d’un tas de facteurs…

Félicie fait un petit signe de tête qui veut dire : « À ton aise. » Puis, discrètement, elle les met.