Je referme la porte et je me laisse choir dans le fauteuil, auprès du lit. J’attends que la poulette recouvre ses esprits. En attendant, je l’examine à loisir. Vraiment, ça vaut le coup d’œil. Quand je pense qu’il y a des locdus qui donnent des trois cents balles pour grimper à la tour Eiffel, alors qu’ils ont à leur hauteur des spectacles aussi sensationnels !

La petite est jeune, vingt-trois ans, à mon avis. De près, elle fait vraiment gosse, alors que de loin elle donnait l’impression d’être une femme de trente berges. Sa peau a une couleur extraordinaire, chaude, ocrée, duveteuse… On a envie de mordre là-dedans comme dans un fruit.

Doucement, j’avance la paluche et je me mets à lui caresser le visage…

C’est doux, c’est tiède…

Elle a un frémissement, puis elle soupire doucement. Ses paupières battent faiblement.

Je ne la bouscule pas ; faut lui laisser le temps d’atterrir, à cette chérie.

Elle ouvre ses grandes mirettes bleues. Elle me détranche.

Je lui souris gentiment.

— Comment vous sentez-vous ? je questionne.

Elle ne répond pas… Elle pâlit… Une nausée lui broie l’estom.