Après, ça allait mieux. Il y avait d’autres pêcheurs dans la strass, la discussion montait à toute pompe. C’était à qui raconterait sa plus belle pêche. À les entendre, ils avaient tous attrapé des monstres et eu leur bouille dans Le Progrès à la suite d’un concours…
Puis la partie de boules a été décidée et ils ont tous oublié leurs « gaules ». Le « clos » de boule était ombragé et le vin était frais.
Pendant plusieurs heures, ça a fonctionné ferme. Gustave tirait. Il tirait bien, ça et le coup du lapin, c’étaient ses violons d’Ingres favoris.
Enfin on est tous retournés en tapis noir sur le lieu de pêche. Chacun avait balancé une ligne de fond… Un petit poisson-chat s’était suicidé après la mienne et il y avait une poignée d’herbes après celle du Tonton…
— On va voir l’autre, a-t-il dit sans se démonter.
Un coup d’œil circulaire à cause des gardes-pêche, mais à ces heures c’était du sucre ! Ils étaient à la boulanche aussi, chez les confrères à Malvina.
Gustave avait attaché le fil à un pieu planté dans des joncs. Il a tiré dessus. Ça résistait.
— Nom de Dieu, a-t-il balbutié encore…
C’était éloquent. Ça voulait dire qu’il y avait du monde au bout. Il a tiré doucement… Ça ne venait pas vite.
— Tu peux parier que c’est une grosse pièce, a murmuré l’oncle. Prends le filochon… Je vais l’amener doucement… Enfiloche-le par-dessous !