Le tout appâté avec l’un de nos malheureux gardons. La baleine Jonas n’avait qu’à bien se tenir !
— Allons-y !
On a calé les cannes au moyen de pierres maousses comme des aérolithes, puis on est allé chez la veuve Machinchouette.
Y avait des vélos dans la cour, aux côtés de mon veau… Le pêcheur radinait, abondant… Fallait plus compter l’enfourailler, la vioque. C’était trop tard. D’autres avaient dû la tringler avant. Il a été navré, du côté du calcif, Tatave. Le matin, entre un coup de blanc et un casse-graine, c’est royal, un coup de brosse rapidos !
Mais la patronne pensait plus à la bagatelle. Elle s’était mise sur son trente et un. Elle portait une blouse à fleurs qui augmentait son volume, et elle s’était colloqué dans les tifs un peigne enrichi de fleurs en Celluloïd bleu, style Carmencita. Avec ces éléments de renfort, tous les pêcheurs devaient goder pour sa poire.
Ajoutez à ça : un sérieux crépissage ocre, des lèvres ripolinées, des cils pesants de Rimmel et vous pouvez faire une idée sur la Vénus ! Elle s’appelait Malvina, ce qui ajoutait à son charme. À la quatrième bouteille de blanc, Tatave entrait à cent à l’heure dans les confidences. Il m’expliquait que la Malvina était une grosse passionnée, elle aimait qu’on lui bouscule le verso et elle avait un faible pour les livreurs de pinard dont les tabliers de cuir lui ramonaient le dargeot.
Dans un sens c’était marrant d’entendre ça en contemplant le phénomène.
J’imaginais Tatave sur ce gros tas à fleurs et je pouvais pas retenir une hilarité copieuse.
Après les tripes lyonnaises et le frometon de l’Ardèche, on s’est mis deux marcs dans les naseaux. Ça commençait à carburer vilain, surtout du côté du Tonton. Il a fait remarquer que midi approchait, c’était libératoire du côté des convenances ; on pouvait se braquer sur le rayon apéro. Lui, il ne variait jamais : une tomate !
À la troisième il était schlass et il a commandé une omelette au lard… Pour les dosages vous pouvez lui faire confiance.