En me voyant radiner il pose son crayon.

Je m’accoude au bar.

— Ce sera ? fait-il.

— Quelques confidences dans un grand verre, dis-je en allongeant ma carte.

Il réprime un geste maussade.

— Ah ! bien, fait-il.

Il a le regard fiévreux, les narines palpitantes… Si ce mec-là ne se drogue pas jusqu’au sternum, moi je suis la princesse Margaret.

— En attendant sers-moi un whisky, petit homme. Et du chouette !

Il obéit en jetant des regards malheureux à la porte du fond. Il donnerait le service à porto qui lui vient de sa grand-mère pour voir radiner le patron. Mais le patron est encore au dodo, nature !

J’examine mon type afin de savoir par quel bout je vais pouvoir l’attaquer. C’est comme le gibier, faut savoir où viser. Ses narines me fournissent l’indication voulue.