— Gigo ! Ça ira.

Je me tourne vers les copains.

— Surveillez la poulette, je préviens tout de suite…

Je fais signe à Stéphane de me suivre, et je lui demande de me conduire auprès de Gretta.

La poulette pousse des gloussements d’allégresse en m’apercevant. Elle se jette dans mes bras et me noue les siens autour du cou.

— San-Antonio, chéri ! roucoule-t-elle.

Je lui claque une bonne main d’homme sur le croupion.

— Pas le temps de pousser la romance, lui dis-je, ça urge, cocotte. J’ai besoin de vous.

Je l’affranchis sur ce qui vient de se passer.

— Il faut absolument que nous sachions où se trouve actuellement le fameux matériel, mon âme, or, cette teigne ne veut rien savoir pour l’ouvrir. Notre dernière carte, c’est vous qui allez la jouer. En somme, les Frizous se méfiaient de vous, mais ils n’avaient aucun doute sérieux, sans quoi ils n’auraient pas manqué de vous passer au presse-purée. Nous allons vous arranger un peu de façon à ce que vous ayez l’air d’avoir été malmenée. Nous vous bouclerons dans la cave où nous amènerons Gertrude. Vous lui expliquerez que vous étiez dans la voiture d’hier, que je vous ai kidnappée, que nous vous avons interrogée, mais que vous n’avez absolument rien dit. Si vous êtes adroite, vous devez pouvoir tirer un renseignement de cette houri ! Surtout, prêchez-lui le courage, gonflez-la de manière à ce qu’elle vous prenne vraiment pour une grande patriote…