— Je suis blessé…

Il s’écarte pour me laisser passer.

— Entrez !

Je ne me le fais pas dire deux fois. J’ai comme une vague idée qu’il était temps que je gare mes abattis, car la patrouille allemande débouche précisément à l’angle de la rue.

— Excusez-moi, docteur, je fais, je ne vous explique pas de quoi il retourne, ça se voit, hein ?

Sans un mot il se dirige vers une porte, à droite, la pousse, donne la lumière et s’efface pour me laisser entrer.

C’est son cabinet. Une pièce vieillotte qui renifle l’éther et le bois moisi.

— Asseyez-vous ! ordonne le petit toubib.

Je dépose mes tortues et je prends place sur un tabouret métallique.

Le voilà qui passe une blouse blanche par-dessus son pyjama et qui se met à examiner ma blessure en faisant la grimace.