N’empêche que cela ne représente que la plus petite partie du programme. Nous avons encore du tapin en perspective.

À vive allure, nous achevons de traverser le pont. À l’autre extrémité il y a un lourd camion dont les plaques de police sont allemandes.

Gretta, qui a revêtu son uniforme de souris grise, est au volant. Personne à l’horizon. Stéphane et moi nous nous hissons à l’arrière du lourd véhicule. Cinq camarades de la jeune fille sont là, vêtus en soldats allemands ainsi que je leur ai prescrit hier au soir.

Je passe rapidement l’uniforme que j’avais lorsque je me suis présenté chez Stéphane pour la première fois.

— Il faut combien de temps pour retourner sur la rive que nous venons de quitter, par le prochain pont ? je demande.

— Vingt minutes environ, me répond Stéphane. Barthélemy nous attend à Vaise.

— Ce sera très bien, ne perdons pas le temps.

* * *

Barthélemy est vraiment un grand bonhomme. Ce petit être furtif qui ressemble au naturel à un rat, s’est complètement évadé de sa personnalité. C’est un véritable officier teuton que nous chargeons à Vaise. Il est sec, hautain, sévère. Il a troqué ses lunettes contre des lorgnons qui lui donnent l’air d’un savant. Il a des gants gris et il fait claquer ses doigts en parlant pour ponctuer ses phrases.

Stéphane et moi n’en croyons pas nos yeux.