On doit lui dire de patienter un instant car il met la main sur l’émetteur et me regarde en souriant.
— Qui est ce major ?
— Un brave type d’origine alsacienne qui est un antinazi fervent. Il occupe un poste de dernière zone à la Gestapo, mais il m’approvisionne en paperasses, tampons, faux ordres et renseignements divers…
— Allô ! dit-il soudain, major Wonitz ?
Il jacte en allemand pendant un court instant. Puis il pose l’appareil et se tourne vers moi.
— Stéphane est aux mains de la Gestapo, fait-il. Ils l’ont eu dans la cabine d’un bureau de poste de Villeurbanne.
— Bon, fais-je, j’aime mieux cela…
Il sursaute.
— Vous, alors, vous avez de ces reparties inattendues…
— Mais oui, je préfère cette solution. De la sorte nous savons où il est, ce qui est tout de même un avantage. Et puis, je préfère le savoir dans les mains de gens qui ont quelque chose à lui faire dire, plutôt que dans celles de gens qui ont quelque chose à lui faire oublier… Vous saisissez ?