— Soyez sans crainte…
On dépose le cadavre dans le fourgon et on revient à l’intérieur des bâtiments, toujours flanqués de notre ange gardien.
Cette fois, il nous conduit à l’autre extrémité de l’étage. Barthélemy me fait un clin d’yeux. Ça veut dire que la cage de Stéphane n’est pas éloignée. En effet, je lis sur une porte le numéro 46 ; or je sais qu’il est dans la cellule 55.
Je regarde derrière moi : personne. Le couloir est désert ; devant, il est obstrué par un mur de brique hâtivement construit pour séparer le quartier des prisonniers de la partie administrative de la prison.
Donc le danger ne peut surgir que d’un seul côté. C’est un avantage suffisant pour que nous risquions le paquet sans plus attendre.
L’Allemand ouvre la porte numéro 49. Il s’efface pour nous laisser passer et reste dans le couloir. Or, pour les besoins de la cause, il est nécessaire qu’il entre dans la cambuse.
Je m’approche du corps qui s’y trouve et que j’estime inutile de vous décrire.
— Démerdez-vous pour qu’il entre ! soufflé-je à Barthélemy.
Barthélemy enregistre à toute vitesse. Je n’ai pas terminé ma phrase qu’il pousse une exclamation et désigne un point du plancher que l’Allemand ne peut distinguer sans s’approcher.
Il entre en demandant ce qui se passe.