J’esquisse un pas en arrière et je lui abats à toute volée mon poing sur la nuque.

Il tombe en avant. Au lieu de le retenir, Barthélemy complète mon travail par un coup de pied dans le visage.

Je prends le trousseau de clés du gardien et je l’enferme dans la cellule en compagnie du mort.

Ceci fait, nous courons jusqu’à la porte 55 et nous l’ouvrons.

Celui qui n’a pas vu la tête de Stéphane lorsque nous apparaissons ne pourra jamais se faire une idée de ce que peut être le visage de la stupeur, de l’ébahissement, de l’écroulement.

Un mot, un seul lui vient aux lèvres ! Celui de Cambronne.

— Ne perdons pas de temps, fais-je. Bon Dieu, Stéphane, allongez-vous sur cette civière, à plat ventre de préférence, de façon à ce qu’un dégourdi ne puisse pas voir votre figure. Et surtout ne bougez pas d’un poil. Rappelez-vous que vous êtes mort. Mort !

Il s’empresse de faire ce que je lui dis et nous le chargeons.

Je peux vous assurer que je passe un des instants les plus pharamineux de ma vie. Circuler librement dans un établissement comme celui-ci, réputé pour sa dureté, en coltinant un ami, c’est une impression que je ne suis pas prêt d’oublier.

Arrivé à l’extrémité du couloir, je jette un coup d’œil en avant. Quelques soldats discutent à l’extrémité du couloir principal.