— Une seconde ! dis-je à Barthélemy, il me vient une idée.

Je laissa là mes brancards et je me dirige vers la première porte qui se présente. Je l’ouvre. À l’intérieur, il y a un homme entre deux âges, d’allure racée. Un intellectuel à n’en pas douter. Il a un œil crevé et une main écrasée.

Je pose un doigt sur mes lèvres.

— Silence, je fais, nous sommes des amis. Nous venons délivrer un homme dont la vie, pour l’instant, représente quelque chose d’inestimable. Mais ça n’est pas une raison pour laisser choir les copains. Voici les clés qui ouvrent les cellules et un revolver. Tâchez de vous débrouiller avec ça. Simplement, je vous demande de compter jusqu’à deux cents avant de tenter quoi que ce soit, vu ?

Il a un éclair d’allégresse dans l’œil qui lui reste et, de sa main valide, il presse le revolver contre son cœur.

— Dieu vous garde, murmure-t-il.

Dieu doit être dans notre clan parce que, en effet, Il nous garde. Sans la moindre difficulté, nous portons Stéphane à la voiture. Nous grimpons sur la banquette avant et mettons la voile. Une fois le portail passé, sans le moindre dommage, je ne puis retenir un cri d’allégresse.

— On les a eus ! On les a eus !

— Et comment ! renchérit Barthélemy. Que faisons-nous maintenant ?

— Conduisez-nous dans une petite rue tranquille. On laissera la bagnole et on ira prendre le tramway séparément.