Je fais le tour de la construction et je découvre une porte qui n’est pas la porte principale, mais une issue sur une buanderie. Elle n’est pas fermée à clé. J’entre. Ça renifle le moisi dans le secteur. Il y fait frais. Je frissonne : de quoi enrhumer un Esquimau !

Une autre porte, fermée à clé, celle-là, fait communiquer la buanderie au reste du pavillon. J’attends le coup de sonnette de Stéphane avant de travailler la serrure. Celui-ci se produit presque aussitôt. Un silence de mort se fait alors dans le pavillon. On entendrait réfléchir un gardien de la paix… Puis il y a un bruit de pas. Les occupants de la masure se décident à aller ouvrir.

Vite, vite, je prends un couteau et un morceau de fil de fer et je taquine la serrure ; c’est une timide qui se laisse facilement influencer. En moins de temps qu’il n’en faut à un facteur pour siffler un verre de rouge, je suis de l’autre côté de la lourde.

Je me trouve alors dans un couloir. Au bout de ce couloir il y a des pièces, une à droite, une à gauche. La porte de gauche est ouverte et c’est de là que vient le bruit des voix.

— San-Antonio n’est pas ici ? s’informe celle de Stéphane.

— Non, dit Gretta, mais il ne va pas tarder ; il y avait des forces de police sur la route de Bourg, il a préféré faire demi-tour… Il nous a dit de cacher le coffre en attendant qu’il ait pu le faire passer en Angleterre.

— Où est-il ? insista Stéphane.

— Il a dû aller transmettre un message à Londres.

— C’est en effet ce que je vais faire, dis-je en intervenant.

Tous sursautent ! Gretta est très pâle. Je tiens mon feu à la main.