Elle regarde ses truands.
— Nous travaillons pour le compte d’un allié, dit-elle : l’URSS ; mes camarades et moi sommes des Polonais rouges ; nous voulions que la fameuse invention aille de préférence au gouvernement soviétique, voilà pourquoi j’ai usé contre vous de moyens un peu cavaliers…
Elle sourit.
— Mais nous avons tous comploté et risqué nos existences pour rien, San-Antonio ! Les Allemands ont été les plus forts, c’est vous, c’est nous, qui sommes leurs dupes.
Je la bigle attentivement. Elle m’a tout l’air de me monter un patatraque de première, la gosseline.
Pourtant ses yeux sont paisibles. La déception se lit sur sa frimousse comme sur la gueule de ses potes.
— Regardez ce que contient le coffre, dit-elle.
Je m’approche de la boîte oblongue et j’en soulève le couvercle blindé qui vient d’être forcé.
Stéphane et moi ne pouvons réprimer un mouvement de recul : le coffre contient le cadavre d’un vieillard.