Il tient une petite valoche à la main et il vient du côté du train remisé. Il regarde attentivement, trop attentivement même en direction des Frisés, si bien que l’officier qui discute le bout de gras avec l’un des convoyeurs s’interrompt pour le fixer d’un air plein de suspicion. Le Polonais s’en aperçoit et, pour se donner une contenance, vient à l’urinoir, ce qui prouve que les grandes idées se rencontrent toujours.
Il pénètre dans l’édicule et a un haut-le-corps en me voyant.
Je pose mon index sur mes lèvres.
— Vous parlez français ? questionné-je, dans un souffle.
Il fait un signe affirmatif et me bigle comme si j’étais la réincarnation de Mahomet.
— Vous êtes Polonais, dis-je… Je suis au courant, les tortues… Hier j’étais en compagnie de votre frère lorsqu’il a été descendu.
— Ainsi il est mort ? soupire-t-il.
— Oui.
— Qui êtes-vous ?
En quelques phrases hachées, je lui raconte dans quelles circonstances j’ai fait la connaissance de feu son cadet. Je lui dis que j’ai déchiffré le message des tortues. Il fronce les sourcils et son nez se courbe davantage encore.