— Attendez, vieux, je sens que chez moi ça fermente. Oui, je tiens le bon bout.
Je regarde autour de moi. Il y a, sur une autre voie annexe, une machine que l’on va atteler au convoi. Auparavant il faut qu’elle aille rejoindre la voie principale, qu’elle la remonte jusqu’au-delà des deux wagons et qu’elle fasse machine arrière après qu’on lui ait donné l’aiguillage de la voie de garage.
D’où je suis, je la vois très bien, cette machine, elle « fait » de l’eau, pour employer le langage technique, j’en connais une portion dans la chose des trains ; comme dit l’autre, j’ai jamais été chef de gare, mais j’ai tout de même été cocu.
— Vous avez un pétard ?
— Un quoi ?
— Un revolver ?
— Oh oui ! fait le Polak.
Ma question le surprend, ce gars-là n’imagine pas que, par les temps qui courent, on puisse envisager de se promener sans arsenal.
— En avez-vous deux ?
— Oui.