Il l’utilise pour ranimer un mégot de cigare qu’il vient de piocher dans un cendrier.

— C’est la dèche, dans la Wehrmacht ? je demande… Les officiers fument les clops maintenant ?

Son sourire s’efface. Son visage reflète maintenant, non pas la colère, mais comme une sorte d’ennui poli.

— À quoi bon ces petites plaisanteries ? demande-t-il, nous avons des choses tellement plus importantes à nous dire…

Je lui tends ma cigarette.

— À quoi bon cette cigarette ? je demande.

Il se mord la lèvre inférieure.

— Commissaire, je connais votre réputation, je sais tout ce que vous avez fait en France et en Belgique depuis quelque temps[7].

Il rajuste son monocle. Sans doute le pas de vis est-il faussé, car il a de la peine à y parvenir.

— Vous êtes ce qu’on appelle chez vous un dur. Vous ne craignez, je ne l’ignore pas, ni la mort ni même la torture. Cependant, je vous fais une petite proposition.