— La vie sauve ? dis-je en rigolant, la fameuse vie sauve qui est comme la carotte que vous brandissez devant le nez de l’âne pour le faire avancer.
— Non, dit-il.
Il a retrouvé son sourire.
Là, il commence à m’intéresser, le frangin. Je le regarde avec un certain intérêt. Qu’est-ce qu’il peut bien avoir à me proposer ?
— Voyez-vous, reprend-il, après ce qui s’est passé hier…
Je l’interromps.
— Hier ?
C’est pourtant vrai qu’il fait grand jour. Alors j’en ai écrasé pendant des heures ? Ils sont gentils de m’avoir laissé dormir, les sulfatés.
— Oui, hier, en gare de cette ville… Je suppose que vous n’allez pas vous donner la peine de nier, avec la somme des témoignages que je puis vous opposer.
— Il n’est pas question de nier. Je reconnais volontiers que c’est moi qui ai envoyé vos deux wagons dans les nuages.