— Pour moi, un vrai coupable est un individu qui a non seulement avoué son crime, mais encore a expliqué comment il l’a commis et a dit les noms de ceux qui l’ont aidé à le commettre.
— Facile, fais-je, j’ai fait sauter votre train en permettant à un petit Polonais d’attacher une valise d’explosifs sur le tampon d’une locomotive que j’ai, ensuite, dirigée sur le convoi à détruire… Le petit Polonais est mort. C’était mon unique complice. Voilà, je suis un vrai coupable tel que vous l’entendez ; libérez les otages et attachez-moi à un bout de bois planté en terre…
— Non, non, dit-il en tripotant son bout de verre ; pas avant de savoir certaines choses…
— Lesquelles, par exemple ?
— Par exemple, la façon dont vous avez appris que nous dirigions les deux prototypes de bombes téléguidées vers la côte Atlantique en passant par cette ligne détournée.
— Je n’ai rien appris du tout, von Machin… Excusez-moi, je n’ai pas la mémoire des noms. Le petit Polonais voulait détruire les wagons ; je lui ai donné un coup de main en ignorant ce que ces derniers transportaient.
— C’est ce que vous cherchez à me faire croire ?
— Je ne cherche pas à vous faire croire quoi que ce soit ; je vous dis la vérité ; un point c’est tout.
— Dommage, pour les otages…
— Hein ?