Elle s’approche de moi, s’assied en biais sur mes genoux et pose ses lèvres sur les miennes. Sa langue incisive pénètre entre mes dents, sans façon.
Croyez-moi, on a beau avoir un pied dans la tombe et l’autre sur une peau de banane, un machin de ce genre, exécuté par une gerce baraquée comme l’est Gertrude, ça flanquerait du nerf à un ours en peluche.
Comme ils ne m’ont pas attaché la langue, je lui rends sa politesse ; je peux même vous avouer que je lui paie les intérêts.
La fille blonde qui assiste à la scène n’en revient pas. Elle nous contemple d’un air ravagé qui me ferait marrer en toute autre circonstance.
Comme l’être humain a besoin de respirer de temps à autre, Gertrude s’écarte de moi. Nous revenons à la surface.
— Il n’est pas mauvais, fait-elle d’une voix faussement ironique…
Sa poitrine se soulève avec force et tend la soie du corsage.
— Vous pouvez y goûter, Gretta, dit-elle.
Gretta baisse la tête et ne fait pas un mouvement.
— Embrassez-le ! ordonne sèchement Gertrude.