— Mais cela fait horriblement mal, dit-elle.

Elle lève la cravache et m’en balance un coup formidable en pleine poire. Pardon ! Elle doit faire quelque chose comme culture physique, la cocotte, pour avoir une force pareille. La lanière me mord les pommettes et l’oreille. Une barre de feu consume mon visage. Rappelez-vous qu’il a la tête drôlement solide, votre copain San-A., pour supporter des trucs de ce genre.

Je n’ai pas poussé le moindre soupir.

— Que pensez-vous de cela, cher ami ?

— Hum, dis-je en m’efforçant de sourire, c’est très surfait comme sensation, vous savez…

Elle pince les lèvres et remet ça à plusieurs reprises ; je suis obligé de drôlement serrer les dents pour ne pas gueuler.

Gertrude cogne comme une perdue ; elle est échevelée, livide, la sueur ruisselle sur ses tempes.

— Ne vous fatiguez pas, fais-je, en conjuguant mes dernières forces. Vous ne me ferez pas parler, d’abord parce que je ne sais rien, et puis parce que la douleur et moi avons passé depuis belle lurette un pacte d’amitié.

— Oh ! toi, grince-t-elle.

Elle se tourne vers Gretta.