— Ne me racontez pas votre vie, patron, et servez-moi du chouette. On peut téléphoner ?

Du menton, il me désigne la cabine téléphonique, dans l’arrière-salle.

J’y vais après m’être expédié un coup de rouge.

Voyons, Parkings m’avait fait apprendre par cœur le numéro de téléphone du correspondant. Je fais un effort de mémoire ; avec tous ces récents événements, il y a un peu de brouillard dans mon grenier. Je ferme les yeux et me concentre comme l’athlète qui s’apprête à faire un saut de trente mètres. Le central est un nom américain, oui, je me rappelle : Franklin. Pour les chiffres c’était… Voilà, c’était neuf fois huit entre deux huit, soit 87–28.

Je compose ce numéro.

Une voix d’homme dit : « Allô ! »

— Monsieur Stéphane ?

— Oui, qui est à l’appareil ?

— Bons baisers, je réponds.

Un court silence, et la voix dit :