— Vous êtes Français ? je demande.

Il me répond que oui, d’un air contrit.

— Alors parlez français, je lui dis, c’est la plus belle langue que je connaisse.

Les consommateurs présents se détournent pour rire ; le patron se renfrogne.

— Un grand beaujolais, fais-je.

— Pas de vin, bougonne-t-il.

Je pousse un rugissement qui humilierait le lion de la Metro Goldwyn.

— À Lyon ! Pas de vin ! Non mais vous me prenez pour l’idiot de mon village, petit père…

Il jette des regards éperdus autour de lui.

— Mais… le contrôle économique, bégaie-t-il.