— Je ne crois pas, soupire-t-elle.
Elle est chouïa, cette greluse. Je me lèverais la nuit pour en manger, parole !
— Voyez-vous, petite Gretta, je me sens plein d’indulgence pour Gertrude, malgré ses coups de nerf de bœuf.
— Ah ! s’indigne-t-elle, et pourquoi ?
— Parce qu’elle m’a permis de goûter vos lèvres. Vous savez à quoi elles sont, vos lèvres ?
Elle secoue sa tête blonde.
— À la framboise, je lui dis. Elles sont douces avec un petit goût de fruit sauvage…
Surtout rigolez pas, les aminches. Le premier qui se fend la pipe, j’y mets un ramponneau au plexus. Enfin, bon Dieu, quoi ! Ça ne vous est jamais arrivé à vous de débigocher des conneries à une poupée ?
Me faites pas croire un truc pareil, ou alors je vous prendrais pour ce que vous n’êtes pas, c’est-à-dire pour ces petits messieurs à qui pour demander l’heure on dit : « Quelle heure est-elle ? »
Bref, comme je suis au repos, je fais un doigt de cour à Gretta. Ça vaut mieux que de peigner la girafe, et puis d’abord il n’y a pas d’hésitation à avoir, car je n’ai pas de girafe sous la main, et même si j’en avais une, il n’existe pas d’échelle dans le hangar, alors !