Je lui demande la permission de l’embrasser. Elle me dit que non.
Elle me fait tellement d’effet que même si elle avait dit oui, je l’aurais embrassée.
Je lui fais un de ces cours de langue vivante tel que si je prenais des inscriptions je serais obligé d’embaucher du personnel.
Son corsage est aussi garni qu’une corbeille de mariage dans la bonne société. J’y mets la main, elle laisse agir. Ce qui vous prouve que la timidité d’une donzelle a toujours des limites ; le tout, c’est d’avoir de la patience et d’être diplomate. La femme la plus rébarbative, la plus honnête, la plus prude, se laissera faire la « bête qui monte, qui monte » si on sait lui demander gentiment la permission.
Pour tout vous dire, on ne s’embête pas. Le Stéphane c’est vraiment un zig à la hauteur ; avoir entreposé des couvertures ici, c’est comme qui dirait un trait de génie. Et qui rend, à mon humble avis, autant de services à la pauvre humanité que le vaccin contre la variole.
Gretta, c’est pas une championne du coup de reins ; non, dans un sens c’est mieux que ça ; c’est de la gerce qu’a des dispositions naturelles.
J’aime autant vous dire que le temps ne nous dure pas. Il me semble que je viens tout juste d’arriver lorsque Stéphane radine.
* * *
Il fait une drôle de trompette, l’empereur romain, lorsqu’il m’aperçoit en compagnie d’une dame. Il ne sait quelle attitude adopter, d’autant qu’elle est également en uniforme.
Je fais les présentations. Son visage s’éclaire comme les vitrines de Noël du Printemps.