Je passe les fringues qu’il m’a apportées. Pour Gretta, elle n’a qu’à quitter sa veste et ôter ses bas gris, elle sera de la sorte en civil.
— Beau boulot que vous avez réussi à Bourgoin ! dit-il.
« Vous savez, c’était rudement important comme matériel, ce que transportaient les wagons. Ces messieurs eux-mêmes l’avouent, c’est sur le journal.
Il me tend la feuille du soir. Je lis le papier suivant :
TERRIBLE ATTENTAT EN GARE DE BOURGOIN
Hier après-midi, un groupe de terroristes a fait sauter un train de marchandises sur une voie de garage, à Bourgoin (Isère), tandis qu’on changeait la locomotive. Ce convoi, venant d’Italie, transportait le prototype d’une arme secrète construite en Italie et qui était destinée par la Wehrmacht à la base aérienne de Toulouse. L’attentat a causé la mort de huit personnes, dont sept soldats allemands. Le chef des terroristes, arrêté peu après, est mort dans l’explosion d’un petit dépôt de munitions stockées près de la pièce où il était détenu en attendant son exécution …
Suit toute une ribambelle de salades sur ce geste odieux ; sur la répression de ces bandits à la solde de l’Angleterre, etc.
Je tends la feuille à Stéphane.
— Oui, conviens-je, c’était important. Important au point que, l’attentat étant négatif, les Allemands, qui pourtant soignent leur propagande, préfèrent laisser croire qu’il a été positif.
Je lui fais part des révélations de Gretta.