— Vive la France ! Vive la France ! Vive les Alliés.
Les hommes tendent leurs bras en V.
Ils cherchent un V dans tout leur corps.
Les enfants agitent des drapeaux.
— Viens voir ! ordonne Hélène à son frère.
Petit Louis secoue négativement la tête, il se laisse glisser sur son grabat.
— Tu as tort, affirme sa sœur. Ça devient intéressant. « Ils » ont des petites voitures carrées, on dirait des jouets.
Les soldats pénètrent fermement dans la cité. Ils ont pris l’habitude des acclamations et sont devenus vaguement cabotins. Ils savent se servir de leurs rudes figures couleur de bataille dans lesquelles brillent des yeux enfiévrés par la nuit de combat.
Le père dit :
— Ça n’est plus pareil, ils sont là maintenant, il me semble que l’air a changé de goût.