— Bien sûr, grogne le garçon, méfiant ; le plus possible.

Le père regarde ses mains, sans qu’il le veuille elles sont devenues deux poings énormes, couverts de poils grisâtres.

Petit Louis se glisse aux côtés de sa mère.

— Eh ben quoi, gémit-il, eh ben quoi…

— C’est pas possible, gronde le père, c’est pas possible, ces petits gars… tu n’as pas pu faire ça.

Ses poings éclosent, il en naît deux mains inconnues que Petit Louis regarde s’ouvrir avec soulagement.

— Tu es bon, dit-il, d’un ton faussement hardi. J’ai obéi à nos chefs, j’ai été un soldat moi aussi.

« Comme il a peur, se réjouit Hélène. » Elle aime son père pour cet effroi qu’il inspire à Petit Louis.

Le vieux berce son incrédulité en répétant :

— C’est pas possible…