Aussitôt un rassemblement se constitue. Le marin s’écarte d’Hélène, déçu et sévère.
Des femmes annoncent qu’elles vont déshabiller Hélène et la faire violer par les bicots.
L’agent, fier de sa proie, explique aux hommes :
— Combien de fois, je l’ai aperçue cette peau, cette gueuse, cette traînée, cette pourrie, cette… (il cherche, puis enchaîne à court d’épithètes) avec des frizous. Les derniers temps, elle sortait au bras d’un officier. Je l’ai vue mille fois, lorsque je faisais la circulation devant la Kommandantur.
— Elle a pourtant l’air gentille, balbutie le marin.
— Tu parles Charles, fait l’agent, d’un ton subtil.
Un calme effrayant vibre longuement dans le cœur d’Hélène.
« Que vont-ils me faire ? » se demanda-t-elle froidement.
Comme pour répondre à cette angoissante question le sergent de ville décide :
— Viens, ma belle, jusqu’au commissariat.