« Cet agent, je le rencontrais. Je ne pensais même pas à lui et il provoque ma catastrophe. »
Des mèches rousses, châtaines du côté de la racine, coulent de sa tête, lourdement, comme du sang. Il se forme un buisson d’automne à ses pieds.
« Grand Dieu, se dit-elle, je portais tout cela ! »
La tondeuse erre sur une nudité à vif.
Voilà, c’est terminé. Hélène ressemble à la boule du pissenlit après une bourrasque. Elle est un moignon sanglant, un arbre taillé. Pis que tout cela elle est un homme éperdument ridicule.
✩
Ils écoutent décroître le pas d’Hélène dans l’escalier. Ils découvrent soudain que c’est leur âme collective qui disparaît. Sans Hélène, ils sont étrangers les uns aux autres, c’est elle qui créait l’harmonie de leur vie commune.
Aux yeux du père, Petit Louis devient sinistre, maintenant que sa sœur n’est plus là pour le traduire. Le vieux regarde son fils comme il regarderait un inconnu. Il souffre de leur promiscuité, l’existence de cet homme ne l’intéresse pas. La mère les sépare comme un mur. Ils s’ignorent hargneusement de chaque côté d’elle.
Petit Louis murmure :
— Pourvu que tout marche bien !