La mère se retient de pleurer afin de ne pas augmenter la nervosité de son fils. Au moindre bruit intérieur de la maison, tous trois prêtent l’oreille, puis le bruit s’explicite et ils se détendent dans une écœurante fatalité.

— Ma pauvre Hélène, soupire la mère.

Petit Louis demande :

— Si elle se faisait pincer, pensez-vous qu’elle nous donnerait ?

Voilà une question absolument neuve. Le vieux réfléchit.

— Ça dépend, dit-il, il me semble que oui. C’est une fille trop intelligente avec des idées baroques. Mais si cela était, qu’est-ce que ça pourrait faire, dis-moi ? Cette histoire nous appartient à nous quatre, nous devons la charrier ensemble jusqu’au bout.

— Mais ma… la mitraillette, sanglote Petit Louis.

— Et puis ? fait courageusement le père. Ça serait moins terrible que pour nous. Moi, je la préférerais à la vie s’il t’arrivait malheur. Je l’accepte à ta place, si tu veux ; tu le veux ?

— Oui ! clame le garçon.

— Merci, murmure le père, tu es moins mauvais que tu ne le parais.