Petit Louis échafaude aussitôt un monstrueux projet : décider son père à réclamer la responsabilité de ses actes. Il lui abandonne ardemment tout son court passé sanglant où fument encore des crimes.

Des pas dans l’escalier. Des pas prestes et prudents, des pays appuyés qui ne peuvent pas se diriger ailleurs qu’ici, des pas inexorables comme une sonnerie d’horloge.

— Les voilà, chuchote le vieux.

Ils les attendaient avec certitude depuis le début.

La mère gémit et tend les bras à son fils.

— Donne-moi ton revolver, ordonne le père, vite ! vite !

Petit Louis sort l’arme de sa poche. Les pas approchent ; c’est une inondation puissante.

— Donne !

Petit Louis hésite. Le revolver lui brûle la main. Son nez fait un bruit de fouissement. Il écoute les pas, regarde l’arme, repousse du coude la main de son père. Le revolver devient un personnage. Il s’éclaire et naît comme une aube précipitée. Petit Louis croit le sentir battre dans ses doigts tel un cœur. Les pas sont là, ils se ramassent devant la porte.

— Donne ! hurle le père.