Le prêtre me regarda d'un air effaré.

— Je le prendrai si j'ai achevé ma prière.

— Et moi, si j'ai fini mon temps de gestation, murmura la femme.

Le poète sourit.

— Je me demande si mon rêve s'achèvera, déclara-t-il ; en tout cas, je ne prendrai pas le train avant.

— Votre rêve est donc si beau ? questionnai-je.

— Oh oui ! assura le poète, il contient une femme blonde qui se coiffe, une source qui coule, un rossignol qui chante et une fleur qui éclôt.

J'examinai le poète. Il était sale. Il était laid. Il était vieux. Il suivit sur mon visage l'évolution de ces trois constatations. Puis il sourit à nouveau. Et j'eus honte d'être jeune, beau et de ne rien penser.

Les heures passèrent.

Le curé récitait son bréviaire.