Alors voilà ma belle-sœur qui éclate en sanglots. Le médecin prend un air navré. Les autres toussent. Le soleil éclate dans la chambre. La chambre danse comme derrière un rideau de chaleur.
Et moi, très calme :
— Elle est morte !
Et puis je repense à la grosse sale gueule de Philibert, à sa main poilue, à ses yeux de canard.
Je m'approche du lit, chacun s'écarte, on me regarde, on m'espère, on attend de moi des choses dont on jouira, des réactions.
Anna était là, bien sage dans sa robe mauve, les seins à cheval, les mains jointes, le regard mal clos et myope.
Elle était morte. Morte pour de vrai. Ça ne s'explique pas.
* * *
Il y a eu les funérailles. Je n'aurais pas cru avant, mais son enterrement a ressemblé à tous les enterrements. Ma belle-sœur Adrienne pleurait toutes ses réserves ; elle pleure toujours sur les malheurs, sur les joies, sur les pages des livres et devant les écrans.
Elle me répétait à chaque instant :