— Oui.

Jango chercha des paroles de réconfort.

— C'est bien ennuyeux, mon pauvre vieux…

— Voire, dit Troumane.

Jango pensa que par cette laconique protestation, son camarade faisait allusion aux félicités qu'il tirait de son vice.

— Évidemment, concéda-t-il, il y a le bon côté…

L'ami eut un rire chromatique.

— Tu me fais marcher ? demanda Jango.

— Pas du tout, écoute !

Il expliqua en quoi consistait le métier de sadique. C'était, on va en juger, une profession extrêmement charitable et rémunératrice. Troumane se mettait en relation à moins que ce ne fût le contraire avec des bourgeoises ayant fauté et dont la faute comportait des suites fâcheuses. Ces jeunes filles ou ces dames lui versaient une somme rondelette et portaient plainte contre lui pour attentat à la pudeur. Troumane était arrêté, il simulait la folie sexuelle, et on l'envoyait pour quelques mois dans une maison de santé. L'honneur des dames était sauf et la sécurité matérielle de Troumane assurée.