Le neveu en eut le sifflet coupé.
— Non, mais, tu l'entends ? dit-il à Barbara. Le voilà qui se pose en défenseur de la morale, maintenant, ton bourreau de poche !
Fébrilement, Jango défit un grand paquet posé sur une chaise. Il mit au jour une toile représentant des abricots.
— Respect à cette image ! intima-t-il.
Maurice regarda attentivement les abricots sans comprendre.
— Je vous demande pardon, dit Jango en découvrant son erreur.
Il retourna la toile.
Le jeune homme vit alors le moite regard de son oncle brusquement posé sur lui. Il sursauta et pâlit.
— C'est lui qui a peint ça, avertit Barbara ; tu te rends compte d'une patte qu'il a ! Y a pas à dire… C'est un monsieur…
Maurice ne pouvait détacher ses yeux de ceux du tableau. L'air bon et sentimental du colonel creusait en lui le terrier du repentir. Sous ce regard, son cynisme fondait. Tous les germes des vertus qu'il portait en lui se développaient comme des bourgeons dans un film documentaire, crevaient son venin et éclosaient, et s'épanouissaient, et devenaient luxuriants…